Un petit mot peut parfois contenir beaucoup de ressentis et d’émotions.

Lorsqu’on décide de passer à l’action, d’exposer nos actions à la vue de tous, il se pose forcément la question de la légitimité.

Suite à mes premiers posts sur ce blog, j’ai échangé avec une jeune femme de cette question « suis-je légitime de faire ça? ». Cette discussion m’a donnée envie de vous partager ma réflexion.

Petite discussion avec soi-même

Cette question s’entoure souvent d’une discussion avec « la petite voix » que l’on a dans la tête:

« tu te prends pour qui pour faire ça? »/ « de toute façon il y en a plein d’autres qui l’ont fait avant toi et mieux que toi » / « tu es sûre d’en savoir suffisamment sur le sujet pour en parler? »/ »mouais…encore faut-il que tu tiennes dans la durée » / « il faut t’attendre aux critiques, bonnes et mauvaises, tu es sûre de vouloir gérer ça? »

Je connais bien cette discussion, avant de lancer ce blog, je l’ai eu pendant DES MOIS!

Retourner les informations, les recouper, être certaine de ne pas faire de bêtises, de ne pas donner des informations fausses, être dans le factuel, revenir à ces informations, lire, s’auto-former, assister à des conférences, être dans l’attente de se sentir à point… STOP

 

Le fameux syndrome de l’imposteur

Chez les personnes qui ont un petit manque (ou un gros) de confiance en soi (j’y reviendrai dans un autre post, c’est un très gros morceau), le syndrome de l’imposteur c’est comme légitimer le fait de ne pas passer à l’action. « J’ai peur qu’on me démasque, que les autres se rendent compte que je n’ai pas tellement travaillé, que je n’ai pas de talent, que les fées d’Instagram ne se sont pas posées sur mon berceau… ».

Oui, s’exposer au monde, au regard de l’autre est une étape difficile à franchir. Je ne crois pas au fait que les autres puissent nous aider à passer le cap, si nous nous sentons forcés ou bien trop soutenus, nous ne nous réalisons pas totalement.

(ce syndrome est super présent chez les femmes, alors qu’elles sont bien plus préparées que les hommes… il est temps de passer à l’action mesdames!)

 

La peur… de s’affirmer?

En relation avec la confiance en soi, il y a l’affirmation de soi. Lorsqu’on porte un projet, qu’il soit artistique, entrepreneurial, ou même un simple projet de vie, il y a la peur d’être rejeté.

Nous oublions que nous aimons les autres parce qu’ils s’affirment dans leurs projets, même si parfois nous ne les comprenons pas. Pourquoi penser que nous valons si peu, que le seul regard de l’autre peut nous « détruire »? Ça n’arrivera pas. Promis.

Lorsque vous faites des choix, que vous passez à l’action, vous enracinez une force intérieure qui vous portera pour toujours, notamment lorsque vous vous sentirez un peu moins bien.

La peur (et pas seulement du rejet/de la légitimité/ de l’affirmation de soi) peut être un compagnon de route « booster ». Car la peur incite à l’action (bonne ou mauvaise) et donc au changement.

 

Petite histoire personnelle

Vous vous souvenez de vous enfant? Est-ce que vous vous posiez la question d’être légitime de prendre en main un jouet que vous ne connaissiez pas? Non, vous regardiez les autres faire, pour comprendre comment y jouer, et parfois vous en détourniez l’usage pour y jouer autrement ou l’intégrer dans un autre jeu.

Enfant j’ai fait beaucoup d’activités artistiques : du théâtre, de la gravure, du chant, de la danse classique… Et je ne me souviens pas m’être dit que non, je ne POUVAIS PAS jouer, graver, chanter ou danser. Les professeurs m’apprenaient, je faisais de mon mieux en y ajouter ma personnalité… je passais à l’action.

Il s’est passé exactement la même chose lorsque j’ai fait ma première scène burlesque à 28 ans. J’ai assisté à des shows, créé des numéros chez moi et je suis montée sur scène avec le sourire (et le plaisir du trac).

Alors pourquoi est-ce que la question de la légitimité m’est venue lorsque j’ai eu envie de partager de l’écrit et du visuel sur le blog?

  • j’ai passé des mois difficiles, parque des personnes toxiques ont profité de moi, j’ai perdu pas mal de confiance envers le monde extérieur et envers moi
  • en plus de mes émotions, mon corps a crié au secours et j’ai découvert des bobos que j’ai du réparer et d’autres qui sont devenus chroniques
  • être expatriée, avec peu d’amis proches géographiquement, a ajouté un peu de douleur (mille mercis à mes amis proches et éloignés à la fois, qui ont été d’un grand soutien. Love Love Cœur).

 

Reprendre sa vie en main

J’ai mis des mois à tester et à penser à ce qui me ferait avancer. Voici comment les choses se sont passées, et ce qui m’a permis de reprendre en main les projets mis de côté :

  • Faire le tri : j’ai fait le vide matériel et personnel. L’année dernière j’ai vidé mes placards afin de ne garder que l’essentiel. J’ai eu une garde robe très pin up, puis rétro, je me suis focalisée sur les pièces qui me tenaient à cœur et uniquement celles que j’avais encore plaisir à porter. Puis j’ai coupé les ponts avec pas mal de personnes, celles qui m’étaient plus difficiles de côtoyer que de laisser de côté (et si tu te reconnais, sache que je te remercie de ta patience si nous avons repris contact depuis).
  • Etre égoïste : à force de vouloir ménager tout le monde, « devoir » faire cela ou « être censée en être là », je m’étais oubliée. Mis de côté tous les rêves, les fantaisies, les plaisirs et les joies qui me sont propres… Je me suis recentrée sur ce qui me tenait à cœur et sur ce qui me faisait plaisir + j’ai appris que ce qui est facile pour moi peut aider les autres. C’est une notion très importante, je reviendrai dessus plus tard.
  • Prendre soin de soi : une fois le tri fait, après m’être concentrée sur ce qui me fait kiffer, ce que je sais faire (ou que je veuille apprendre), j’ai pris du temps (et c’est du luxe de nos jours, j’en ai bien conscience) pour prendre soin de moi. Réparer les bobos, acheter une ou deux pièces de garde robe qui me faisaient envie, apprendre de nouvelles façons de me maquiller. Ceux qui me connaissent savent que je suis une dingue de beauté (dans tous les sens du termes), et prendre plaisir à me chouchouter est pour moi une renaissance.
  • Libérer ma créativité : au fur et à mesure des mois, j’ai appris à écrire tous les jours, sans pression. Libérer la créativité passe aussi par des « exercices » de méditation (bon, j’ai des manières bien personnelles de méditer)

 

Du coup… légitime?

Alors que cela faisait des mois que j’avais le nom de domaine, que je parcourais WordPress, que je m’étais fait la main sur plusieurs thèmes, en une seule journée j’ai refait tout le blog et posté mes 3 premiers articles.

Toutes les étapes que j’avais parcouru de manière empirique, toutes les réflexions et les pensées que j’avais mis par écrit, les échanges que j’avais avec mes amis, mais également des inconnus du net, tout ça avait fini par me donner suffisamment de socle pour que j’ose m’exposer.

Mais au-delà de ça, j’en avais besoin.

Il était devenu nécessaire que je mette tout ça en ligne, que je le partage. Non pas qu’il y ait un but avoué ou non, mais parce que je passais enfin à l’action.

La légitimité nous la construisons par nos actions : nous affrontons nos peurs, nos angoisses, les autres, nous-mêmes, et nous finissons par poser la première pierre d’un nouveau projet/chapitre/étape.

Il y a une autre réalité : nous sommes tous empreints de personnalités uniques, aucune autre combinaison comme la notre existe dans le monde. Et ce prisme là, la vision, notre vision des choses fait que nous sommes légitimes à nous exprimer (artistiquement, dans le business, avec notre famille). Et ça, personne, absolument personne ne peut vous l’enlever.

 

Reconnaissance

Certains d’entre nous ont encore besoin d’avoir la reconnaissance leurs pères, de leurs pairs pour être certains qu’ils sont légitimes. J’ai envie de dire que c’est dommage de courir après quelque chose qu’on ne maîtrise pas et qui est propre à chacun (de vouloir adouber un autre ou non). Ne perdez pas votre temps en espérant de l’autre, agissez pour votre bien et le leur (et le monde sera meilleur 😉 )

 

Où je fais une métaphore avec une omelette.

Lorsque nous avons conversé avec cette jeune femme, je suis partie en flow total, je me suis lancée dans une métaphore pour lui faire prendre conscience de ce qu’est la légitimité et combien cela tient à notre relation aux autres.

 

C’est comme si tu voulais faire une omelette. Bon d’abord tu regardes une recette, histoire d’avoir à peu près les bases et mettre toutes les chances de réussite de ton côté.

Alors tu fouettes les œufs, tu assaisonnes, et bim, première omelette : crue à l’intérieur, cramée à l’extérieur.

Pas grave, tu recommences, tu adaptes le feu, la matière grasse, et peut-être même la poêle que tu choisis.

Cette fois elle est mangeable, alors tu passes à une version plus élaborée, avec des champignons, des herbes…

Mais à chaque fois que tu fais une omelette, tu demandes à tes parents de la goûter, à ton mari de la goûter, à tes enfants de la goûter, à ta grand-mère, ton pote chef cuistot…

Et à chaque fois tu as des commentaires « trop cuite, passez salée, tu ne poivres pas?, celle de l’autre fois était meilleure… »

Tout le monde a un palais différent, comment veux-tu mettre tout le monde d’accord?

Ce qui compte, c’est qu’elle soit cuite, qu’elle n’intoxique personne (!) et qu’elle te convienne à toi, toi qui va la manger.

 

 

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