J’écris aujourd’hui suite au visionnage du documentaire Embrace, qui date (déjà!) de 2016, et qui relate le voyage de Taryn Brumfitt, activiste Body Image Mouvement (Australie).

Le documentaire

Taryn a eu 3 enfants, et comme beaucoup de femmes, son corps a changé. Elle ne l’aimait plus, elle le haïssait. Elle a alors demandé à une amie de l’entraîner, elle a fini par prendre part à un concours de bodybuilding, imaginez le chemin parcouru!

Mais cela ne l’a pas vraiment rendue heureuse, bien au contraire. Trop de frustrations, de temps passé sans ses enfants, de contraintes…

Elle a alors repris sa vie « normale », repris les apéros avec les copines, les goûters avec les enfants, en intégrant du sport et une conscience alimentaire pour rester en bonne santé.

Le documentaire commence au moment où elle poste un montage photo devenu viral, et qui la montre avant (bodybuilding) et après (« normal »?).

 

Les commentaires des personnes sous son post et sous ces photos sont immédiats, et parallèlement elle reçoit des milliers d’emails la remerciant, lui demandant de l’aide, ou bien exprimant de la souffrance.

Taryn décide alors de partir à la rencontre de ces femmes, afin de comprendre pourquoi elles n’aiment pas leur corps. Elle veut aussi le faire pour sa fille, pour qu’elle ne devienne pas obsédée par son image, et qu’elle ne grandisse pas sous l’emprise des images de magazine.

Il y a dans le documentaire des témoignages de femmes grosses, de trans, de femmes brûlées, ou ayant été victime d’un AVC, mais aussi de victimes d’anorexie, et de femmes ayant donné la vie.

 

Souffrance, violence, agonie

Je suis une grande empathe, et voir ce documentaire m’a bouleversée.

En plus des portraits de femmes qui ont connu des « accidents de la vie  » (mais bon sang, qu’elles sont fortes!!!), Taryn a demandé aux passantes des villes où elle se rendait, le mot qui leur vient à l’esprit quand elles pensent à leur corps.

« imparfait » « gros » « moche » « inadéquat »…

Wow! Le choc! C’est un tel choc de voir ces femmes, de tous âges, morphologies et cultures différentest avoir en commun une HAINE leur corps! C’est d’une telle violence!

Je n’ai jamais haï mon corps à ce point. Bien sûr adolescente, ayant eu des formes très jeune, ça n’a pas été évident de comprendre les volumes (qui me semblaient démesurés) que certaines parties de mon corps prenaient.

J’ai aussi très vite compris que je ne serai pas dans la norme physique : à 12 ans je faisais 1.70m et un 90C. Mon corps a changé tôt, vite, et le comportement des « autres », adultes et ados, a également changé. Il y a aussi les conventions sociales féminines qu’il faut intégrer dans un esprit encore en enfance. Bref j’ai vite compris que j’habitais un corps bien différent des autres.

Et en fait, j’en ai pris mon parti, et j’ai décidé d’ignorer cette donnée.

 

Bienveillance et gentillesse envers soi-même

J’ai des amies belles et d’autres très belles, et si on me demandait ce que je pense de leur corps, je suis à 100% sûre que je n’aurais jamais dit des choses aussi brutales. Alors pourquoi le sommes-nous avec nous-mêmes?

Les médias, les canons de beauté sont si bien ancrés en nos inconscients, que nous véhiculons malgré nous.

Nous avons créé et nous nous sommes enfermés dans un système toxique : des images de créatures parfaites, d’un âge qui ne dure qu’un temps, retouchées pour atteindre l’irréel (des aliens?), placardées dans les vitrines de magasins, inondant Instagram, les pubs pour des gels douche, pour du café, pour des tampons!!!

Il est temps de briser ce foutu cercle vicieux, et pour ça mesdames et messieurs, il va falloir prendre notre courage à deux mains pour exposer notre réalité.

Elle n’est pas moche, la réalité, mais on doit la montrer avec bienveillance à nos enfants pour qu’ils fassent la paix avec cette notion d’image.

Attention, il ne s’agit pas de faire la promotion d’un état physique dans lequel on serait en mauvaise santé. Seulement entre l’image d’une enfant de 14 ans hyper-sexualisée et retouchée, et celle d’une femme de 230 kilos, il y a tout un éventail de corps réels, fonctionnels et beaux.

 

Dans un article précédent, je disais combien j’aime la beauté, aussi bien dans l’art, l’architecture, la nature, le make up.

La notion de beauté est réellement propre à notre personnalité, et c’est là que réside la beauté de la beauté (héhé), elle n’est pas universelle.

La diversité de la beauté correspond à la diversité des regards, alors nous sommes forcément beau pour quelqu’un, n’est-ce pas?

Et si on commençait par être beau pour nous-mêmes? Ça commence par apprécier les sensations que ce corps nous permet de ressentir, puis par aimer les petits détails, ce grain de beauté là, la couleur de ses cheveux… Et du bout de ses doigts de pieds, jusqu’à la pointe de nos cheveux (ou du crâne pour nos amis rasés/chauves), kiffer avoir un corps qui nous permette d’avancer dans la vie.

 

Si j’avais une baguette magique, je ferais en sorte (et je m’adresse surtout aux femmes) de mettre une petite étincelle dans votre regard à chaque fois que vous vous regardez dans un miroir.

Mais je n’en ai pas, alors voici une vraie astuce : regardez-vous, souriez, pour de vrai, comme vous le feriez pour votre conjoint(e) ou vos enfants, enveloppez-vous de bienveillance (je crois qu’on dit aussi d’amour!)… croyez-moi, votre vie en sera bien plus légère 🙂 En fait, vous le vous le devez!

L’été arrive et je vois déjà les mines grises de celles et ceux qui essayent leur maillot dans un cabine d’essayage à l’éclairage jaunâtre : pensez à la plage. Pensez à vous, en maillot de bain au soleil, baignés d’air marin. Prenez plaisir à la sensation, prenez un malin plaisir à vous dire que dans votre 38 ou votre 48, vous êtes la plus belle version de vous jusqu’à ce jour. Et derrière vos lunettes de soleil, ayez le regard malin de celle qui sait qu’elle a un secret, celui d’aimer et de respecter son corps.

 

2 thoughts on “La pression du corps”

  1. J’ai aussi vu ce documentaire et il m’a vraiment beaucoup touché, interpellé. Comment en est on arrivé là ? Est-ce que les femmes se détestent ainsi depuis toujours ou est-ce qu’au fil du temps la pression est devenue plus forte au point de nous conditioner à nous mépriser ?
    Je n’ai pas de réponse mais je sais que c’est insoutenable ce peu d’amour de nous même. Qu’il faut réapprendre l’amour et la bienveillance.
    Merci pour cet article.

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