Cher stress,

Puisque comme un mauvais amant tu ne m’écoutes pas quand je te parle, je vais t’obliger à me lire.

Voilà 3 décennies que nous cohabitons tous les deux, l’un prenant parfois le dessus sur l’autre, et admettons-le, le plus souvent c’est toi.

Tu as accompagné mes journées d’examens scolaires, mes rendez-vous amoureux, mes entretiens professionnels. Ça on peut le dire, tu as su être fidèle et présent.

Bon, ce n’est pas une relation très facile à gérer, nous sommes un peu trop fusionnels. Alors forcément nous avons des réactions un peu trop théâtrales, si caractériels que nous sommes.

Je dois confesser que je n’avais pas bien compris combien tu t’étais épris de moi, et que nous ferions route aussi longtemps ensemble… je t’ai même un peu rejeté au début.

Et puis tu as su prendre ta place dans chacune de mes cellules, dans mes entrailles, dans mon système nerveux.

Et tu m’as montré combien tu t’y sens bien, il n’y a pas de doute. Je t’ai laissé faire, parce qu’après tout, tout le monde en a un. Ou plusieurs. Et puis il y a tellement de livres, d’articles, de recherches sur toi, j’étais presque flattée d’avoir le mien rien qu’à moi, comme un soulier italien confectionné sur mesure.

Sauf que tu ne m’avais pas dit qu’il y aurait des conséquences, à la fois sur mon corps et sur mon cerveau.

Bien sûr je les avais lu ces livres et ces articles, mais comme c’était courant, c’était « normal ». Et j’ai pensé que je pouvais gérer cette relation, qu’un peu de chocolat te calmerait quand tu voudrais faire ton cinéma.

Et tu m’as bien eue.

 

 

 

Tu as été t’infiltrer sournoisement, sans que je m’en rende compte, dans la profondeur de mon cœur, de mes muscles, de mes organes.

Tu m’as causé un peu de soucis : lombalgies pendant le sommeil, bruxisme et occlusion dentaire… Jusqu’à me causer des caillots vésiculaires. Non! Ne mens pas, je sais que c’est toi! Des preuves? Non je n’en ai pas, tu n’es pas du genre à laisser des preuves, mais je le sais, c’est tout!

Et les contractures musculaires, on en parle?! Quoi les nerfs? Tu crois que je ne te vois pas, jouer avec eux, les manipuler, en douce… et en plus tu stockes de la graisse, franchement, comme si j’avais besoin de ça! Quoi tu veux être au chaud?!

Bon ça suffit, maintenant il faut que je te dise : je ne veux plus de toi.

Stop, fini, je tourne la page. Tu restes si tu veux, mais moi j’en ai terminé avec tes mensonges. Tu me fais du mal. Tu dis que tu es là pour me prévenir du danger, que tu es prévenant, que tu ne prends pas de place.

Balivernes!

Tu prends TOUTE la place! Je me refuse de faire des choses, de vivre de chouettes trucs à cause de toi! Tes actes ont des conséquences tu sais, des conséquences réelles, physiques, mesurables.

J’ai donc pris la décision de te canaliser, puisque tu tiens à rester.

 

 

Voici mon plan d’action:

  • du fun, du kiff, de « l’égoïsterie » : faire ce qui me fait sentir bien au maximum, parce que je sais tu n’as pas ta place dans ces moments là!
  • respiration « cohérence cardiaque » : 6 respirations par minute, par le nez, pendant 5 minutes. Et si ça ne suffit pas (oui oui, tu sais de quoi je cause, les « criiiiises »), respiration « ayurvédique » avec une narine bouchée en alternance pendant 1 minute.
  • méditation : mais attention, pas celle où tu vas encore prendre le dessus. Celle qui ne prend pas beaucoup de temps, me recentre sur l’essentiel (c’est à dire, pas toi!), et prend plusieurs formes, à savoir écoute musical, focus interne, écriture automatique, dessin automatique… en gros une méditation du kiff!
  • j’arrête de te gaver : tu adores le sucre? tu n’en auras plus! Ah oui et les situations de stress, celles où tu prends tes aises, je les aborde d’un tout autre point de vue, je ne suis plus ta victime!
  • et vive le sport bien sûr : je vais te dégager le popotin à coup d’activités physiques plus ou moins intenses, genre le pilates. Oui, l’espèce de gym pour mamies où après ton premier cours, tu regrettes d’avoir utilisé ce terme tellement tu souffres.

Oh tu peux bien dire que ça ne fonctionnera pas, que je ne pourrai pas me passer de toi, sache que j’ai déjà mis des actions en place et tu ne t’en ais même pas rendu compte!

Et je vais te dire, si ça ne fonctionne pas, je trouverai autre chose, jouer aux échecs, des massages, parler aux arbres, faire du calcul mental… tout plutôt que de te subir encore une seule minute!

Je vais terminer en te remerciant. Malgré tout le mal que tu m’as fait, j’ai appris tellement sur les façons de te gérer et aussi sur les raisons d’agir des autres, ça explique parfois tout.

J’ai encore une longue route que je veux enrichissante et riche, et sorry boy, tu n’en feras pas partie.

Adieu!