Article égocentré. 

 

 

 

Je voulais écrire un article sur ma définition du « décalé« . J’avais commencé en racontant la genèse de ma petite vie…

 

Et puis j’ai décidé que ce n’était pas ça.

« Vanessa Est décalée » : lorsque j’ai présenté le nom du blog à mes amis, ils m’ont tous dit « déjà, j’aime bien le nom » ou bien « ça te correspond bien ». Et j’ai souris.

J’ai souris parce que je ne suis pas une excentrique en dehors de toutes conventions sociales, je suis juste un peu décalée par rapport à ce que la société (le système?) attend d’une femme blanche trentenaire.

 

Commençons par l’évidence : le physique. Comme je le disais dans cet article sur La Pression du Corps, je n’ai jamais été dans la norme physique. Mais je ne suis pas non plus hors norme : je suis un peu plus grande, un peu en surpoids… et depuis longtemps j’en ai pris mon parti. Faire la taille de la maîtresse sur les photos d’école? Aucun problème : j’avais choisis des montures de lunettes épaisses et vertes pour m’affirmer encore plus.

Il faut s’habiller en tailleur pour trouver un boulot à la sortie de l’école de commerce? Pas de soucis, je me teins les cheveux en rouges, je fais une coupe asymétrique et je porte des Doc Martens vernies avec des jupes à volants. Et j’ai un boulot avant d’être diplômée.

Les cheveux rouges c’est corporate? En 6 heures je passe au blond platine et je deviens une pin up.

Physiquement, j’étais différente, alors j’ai joué avec les codes, à fond.

Ça c’est la partie facile d’être décalée.

 

 

L’identité. De l’enfance à l’adulte, il y a également la conscientisation de l’identité. Je suis issue d’une chouette famille, ni riche, ni pauvre, avec des valeurs et une morale.

Et comme beaucoup d’enfants nés dans les années 80, je suis issue d’un métissage franco/espagnol. Enfin, franco/galicien pour être exacte (Google est ton ami). Avec la mondialisation actuelle, ça n’a plus rien d’exotique.

Mais quand tu es blonde, que tu fais le double de taille de tes cousines espagnoles au même âge, forcément l’intégration dans une des deux cultures est un peu moins facile (qui se ressemble s’assemble…?).

J’aime autant ma culture française que ma culture galicienne, je suis fière des deux et j’ai poussé – encore une fois- le bouchon un peu plus loin en étudiant dans une grande université allemande. Rien à voir avec ma culture. Mais l’ouverture de mon esprit était fait.

Plus tard je me marie à un portugais ayant grandit en Belgique… forcément, mon rapport au monde, géographique, culturel, est un peu décalé lui aussi.

 

 

 

 

 

La façon dont on fonctionne. Je ne sais pas vraiment comment appeler cette section, à mi-chemin entre les faits, l’influence de notre environnement et les choix que l’on fait. Disons que notre cerveau fonctionne d’une certaine manière et que c’est la résultante d’un mélange de ces 3 (et plus!) ingrédients.

Il y a un peu plus d’un an maintenant, je suis tombée sur 2 articles : l’un sur la multipotentialité (oui oui c’est à la mode je sais) et l’autre sur les HP ou zèbres. Et j’ai appris que souvent les deux se recoupent. Je n’aime pas les étiquettes, mais savoir que mon fonctionnement de pensées et ma curiosité/impossibilité de choisir est quelque chose de nommé et de reconnu, je me suis sentie moins seule, presque réconfortée.

Pour expliquer rapidement : le multipotentiel aime mille choses, entame mille projets, ne finit presque rien parce que l’ennui vient assez vite, ou plutôt l’excitation d’une nouveau projet arrive et prend le dessus.

Le Haut Potentiel ou zèbre, présente plusieurs caractéristiques, notamment le « Je me suis toujours senti différent, en décalage ». Plus que par l’intelligence, les HP sont caractérisés par une hypersensibilité, hyperesthésie, grande créativité, imagination débordante et de capacité d’observation, intérêts variés, recherche de compagnie de personnes plus âgées, grand sens de la justice, respect des règles, idéalisme, grand raisonnement et résolution de problèmes, rapidité d’apprentissage, excellente mémoire, bon en chiffres…

Mais le plus important : un perfectionnisme doublé d’une très grande lucidité, le combo parfait pour créer le doute (et l’échec).

(liste non exhaustive, si vous vous sentez concernés, prenez rendez-vous avec les centres et psy spécialisés de votre localité).

Quand j’ai eu confirmation que je correspondais à cette « case », les choses de ma vie se sont alignées devant mes yeux, comme une colonne vertébrale. Tout s’emboîtait, les raisons, les conséquences et surtout, j’ai pris conscience de mes atouts et de mes talents! J’ai aussi compris à quels traits de caractère je dois faire attention pour être bien. M’affirmer en fait partie, d’où la naissance de ce blog, décalé.

 

 

Les choix. Donc nous avons l’enveloppe (le physique), nous avons l’auteur (l’identité) et nous avons la forme (le fonctionnement). Il nous manque le contenu. Le contenu, ce qui fait d’une vie, une histoire. Or cette histoire se compose d’éléments non contrôlables, et d’éléments choisis. Comme pour vous, j’ai du composer avec mon identité, mon physique et mon fonctionnement, et c’est en partie ce qui a influencé mes choix.

Vous connaissez mon rapport à l’intuition, il ne faut pas oublier toute la partie invisible du monde qui vient s’ajouter à cette jolie petite addition.

Faire des choix découle de faits, qui découlent eux-mêmes sur d’autres faits (cause ou conséquence). Les choix que j’ai fait dans ma jeunesse ont souvent été dictés par l’envie, la peur ou l’intuition.

Arrivée à un stade de ma vie, mes choix n’étaient plus dictés que par des contraintes, et j’ai perdu un peu de mon identité à ce moment.

Vouloir rentrer dans le moule parce qu’on nous a promis un bonheur éternel si on coche toutes les cases : boulot en CDI, mariage jeune et fringant, 2.5 enfants avant 30 ans, 1 maison pavillon avec chien et monospace. Et le projet de piscine.

C’est à ce moment précis que mon cerveau s’est réveillé, et a pas mal secoué mon corps pour lui faire reprendre le chemin de MA réalité, et reprendre mon identité.

Me réaligner avec mes peurs, mes envies, mes espoirs, mes rêves surdimensionnés, mon imagination tordue, ma rationalité rationnelle… avoir le droit d’être un peu décalée par rapport à la norme bien pensante, et en fait, le revendiquer. En faire un atout, cultiver ce talent.

J’aime à penser que lorsqu’on a la chance se connaître mieux, on peut faire des choix qui nous correspondent mieux, même si pour les autres ça semble très obscur ou délirant.

Laissons nos délires s’exprimer, la vie en dehors des cases est bien plus enrichissante!

Voilà avec tout ça, pourquoi Vanessa Est Décalée 🙂

 

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