J’ai pris conscience de quelque chose qui m’est apparu étrange il n’y a pas très longtemps…

Depuis le lycée, j’ai constaté que je ne suis pas une personne vers qui les gens vont venir spontanément (notez que ça me va bien, je ne saurais pas quoi leur dire/serai mal à l’aise, et en plus, ça me protège des cons).

Ce sont les autres qui m’ont expliqué pourquoi, qui m’ont donné leur ressenti. Sur presque 20 ans, je peux dire que toutes ces personnes, rencontrées lors d’occasions et d’activités très différentes, sont unanimes sur le fait que « je semble très sûre de moi, pas hautaine, mais allant droit au but ».

Ah.

Au début j’ai mis ça sur le fait que faisant une tête de plus que mes camarades, nous n’avions pas « les mêmes horizons ». Mais les années ont passé, et j’ai toujours le même son de cloche.

Ce qui est intéressant, c’est que je suis plutôt très timide, dans le sens où je ne suis pas à l’aise dans les interactions sociales avec des inconnus/presque inconnus.

Je connais certaines personnes qui sont d’une autre nature, et qui attirent naturellement la conversation, les « small talk » comme on dit. Et moi, bah c’est pas tellement mon truc. Quand je parle, j’évite de répéter 10 fois les mêmes informations, et de parler de la météo. Surtout avec quelqu’un que je ne connais pas.

C’est donc une sorte de cercle (vertueux?vicieux?) qui fonctionne ainsi:

j’anticipe les éventuels interactions sociales/j’enfile ma carapace/pour les autres je parais froide et sûre de moi/aucune interaction sociale : le but est atteint!

Ouf.

Ou pas ouf. Parce que j’aimerais être à l’aise, pour dire la vérité. Tout comme j’aimerais avoir une petite poitrine. Ou être passionnée de sudoku.

J’aurais aimé être à l’aise dans les interactions sociales légères parce que je passe à côté de plein d’opportunités de découvrir les autres. Seulement je ne sais pas faire autrement.

Je l’ai vécu comme une vraie faiblesse, jusqu’à récemment.

Deux éléments sont venus troubler mon fonctionnement : une personne que j’ai rencontré il y a peu, avec qui j’ai eu l’occasion de passer une belle soirée, m’a dit que j’étais « profonde » et croyez-moi, elle l’a dit avec beaucoup de bienveillance.

Je n’ai pas saisi tout de suite, car pour moi tout le monde a cette forme de réflexion sur les choses de la vie, n’est-ce pas?

Eh bien il semblerait bien que non (et cela fait écho à l’article où je vous explique le caractère « lucide » des HP) .

Autre moment, autre lieu.

Je m’informe beaucoup sur la confiance en soi, j’ai longtemps été persuadée que j’en étais dépourvue. Et pourtant les autres la voient en moi, la confiance.

Qui de nous a raison? Est-ce que j’ai tellement trompé mon cerveau que j’ai développé une faculté à faire croire que je suis sûre de moi, besoin de personne?

Mais est-ce que pendant tout ce temps où j’appliquais le « fake it until you make it », je n’avais pas moi-même fini par y croire malgré moi?

Comme je l’ai déjà expliqué, j’ai récemment été victime d’une manipulatrice. C’est entre autres choses, ce qui m’a poussé à m’informer sur la confiance en soi, car je pensais que cette personne m’avait détruite.

 

Laissez moi vous présenter les concepts :

  • estime de soi
  • confiance en soi
  • et enfin affirmation de soi

Tous les trois sont liés, tous les trois doivent être dosés pour assurer des interactions sociales raisonnables.

  • L’estime de soi c’est un peu le baromètre de l’ego. A quel point je m’aime? Si je m’aime suffisamment, ni trop, ni trop peu, les autres en feront de même en retour. Nous prenons conscience de notre valeur.
  • La confiance en soi n’est pas, comme on l’entend souvent, quelque chose d’inné. Elle se construit, pierre après pierre, avec nos réussites et nos échecs (et surtout le fait de rebondir après l’échec). Elle est donc intimement liée à l’action : vous faites, vous réussissez -> vous gagnez un point de confiance en vous. Vous ratez, vous acceptez l’échec et apprenez de votre échec -> vous agissez->vous gagnez un point de confiance en vous.

Et avec tous ces points de confiance en vous gagnés, vous êtes poussés à agir, et à essayer de nouvelles choses ou à atteindre de nouveaux objectifs, plus audacieux.

  • L’affirmation de soi est liée à ses sœurs Estime et Confiance, c’est l’expression de vos ressentis, de votre valeur, de vos envies, de vos compétences…mais aussi des refus, du mécontentement…

Nous nous affirmons lorsque nous avons confiance en nos actes.

Nous nous estimons plus lorsque nous nous affirmons.

L’affirmation joue aussi un rôle à son tour sur notre confiance et notre estime de nous-mêmes.

 

 

 

Ainsi, en décomposant, je me suis aperçue que ce que ma manipulatrice m’avait abîmé, ce n’était pas l’estime de moi-même, ni la confiance que j’ai lorsque j’agis, mais elle m’avait ôté mon affirmation.

Face à elle, je ne m’étais pas affirmée, et c’est là tout le talent des manipulateurs, ils vous empêchent de prendre votre place, sans que vous vous en rendiez compte.

Mais comme expliqué plus haut, l’affirmation de soi entretient un rapport très intime avec confiance et estime…

Alors comment j’ai reconstruit ma confiance en moi et ses acolytes?

Instinctivement, je dois bien l’avouer, j’ai d’abord commencé par retaper mon estime de moi-même.

Je me suis coupée des personnes qui n’étaient pas essentielles à ma survie pour faire le point sur « qui j’étais ». En fait je voulais faire le point sur comment j’allais.

J’ai la chance d’être aimée, ce qui a facilité les choses, et en me recentrant sur un environnement social bienveillant et facile à gérer pour moi, j’ai pu constater que si les autres m’aimaient, c’est que j’en valais bien la peine. Mon estime de moi était remontée (ça a pris des mois tout de même hein).

Puis j’ai laissé parlé un trait de caractère que j’avais mis de côté : la curiosité. J’ai dévoré bouquins, documentaires, films, séries télé, conférences, webinaires, juste par plaisir.

Et cette action là, mes amis, cette petite action de me faire plaisir, m’a permis de retrouver ma confiance en moi. Je n’ai pas fait grand chose, et au final, ma plus grande action a été d’ouvrir ce blog. Mais force est de constater que je ne peux plus agir dans la douleur. Ma confiance en moi a besoin de prendre du plaisir dans l’action, et je vous en parlerai plus tard, c’est ce qui motive ma nouvelle orientation professionnelle.

Et finalement, il restait l’affirmation de soi. Là c’est une autre paire de manches. Comme je vous le disais, les interactions sociales légères ne sont pas mon fort.

Alors j’ai décidé deux choses : je ne vais me forcer à parler de la pluie et du beau temps, tout simplement parce que ça ne me plaît pas. Je vais réserver mes échanges à ceux qui à qui j’apporte quelque chose et pour qui c’est réciproque (c’est une première affirmation!).

Et puis j’ai décidé de ne parler que de ce dont j’aurais envie.

Alors certes, ça réduit le champs des échanges, et le nombre d’interlocuteurs. Mais peu importe puisque c’est mon choix, pour moi c’est naturel de m’affirmer ainsi.

 

Il s’agit d’un travail de chaque instant, et c’est un effort dont les autres ne sont pas conscients.

Ce n’est pas une formule magique, mais peut-être que ça peut aider ceux qui lisent cet article et qui vivent ou ont vécu la même chose que moi.

Finalement, la confiance en moi que les autres percevaient était bien là. Et elle réside dans le fait de prendre du plaisir dans les actions que je fais.

 

 

 

3 thoughts on “La confiance en soi et ses deux soeurs”

  1. Merci pour la référence 🙂
    Ayant passé le test, et plusieurs fois, du MBTI, il s’avère que je ne suis pas introvertie, mais bien extravertie!En revanche j’ai un vrai goût pour les échanges avec du sens et non de blabla inutile.
    Si tu n’as pas eu l’occasion de faire ce test, je t’encourage, cela peut être surprenant!

  2. J’ai fait le test 😉
    Je suis dans une catégorie extrême…. (genre 0,8% des femmes) et de type introvertie. Je me suis habituée à l’idée mais ce n’a pas été simple.

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