La quête du sens… la quête du Graal?

Lorsqu’on grandit dans une système social codifié, rangé, avec des attentes et des contraintes, quelle place laisse-t-on à la conscientisation de l’action?

Tu fais des études supérieures, dans tes premiers jobs tu développes tes compétences, voire tu en acquières, tu apprends aussi un peu sur le tas (quoi? on n’a pas été formés pour tous les aspects de la vie en entreprise?), tu développes.

Ok.

Et puis? Quelle est la finalité de toutes tes actions, depuis le fait de te lever le matin jusqu’à ta loyauté à ton patron du moment?

 

Carrière de salariée

Ce monde en noir et bleu où hommes et femmes portent le même « costume »! « Salut Christiane, ça va? »

 

J’ai commencé ma vie professionnelle en tant que salariée.

D’abord les petits boulots quand j’étais étudiante (plutôt atypiques et rigolos comme faire visiter les biens mis en vente pour le Marché Immobilier des Notaires), puis un passage dans une agence de marketing opérationnel avant de reprendre une formation dans une école de commerce, et aboutir à une carrière en agences de branding/design graphique/stratégie de marque. Ces dernières années, lors de notre arrivée en Belgique, j’ai essayé d’autres choses qui – si vous me suivez depuis quelques temps- ne m’ont pas vraiment réussi (en termes financiers et relations humaines).

Il n’empêche que j’ai beaucoup appris : pas tellement en compétences, mais plutôt sur moi et ma relation au « travail ».

Lorsque je dis ok pour quelque chose (boulot, projets artistiques, projets familiaux, amicaux etc), je m’engage fortement. Je mets la complexité de mes pensées au service de ce projet, et je le nourris énormément.

En tant salariée, il y a les avantages matériels non négligeables, l’assurance d’avoir l’argent (ha l’argent! intéressante sujet! catalyseur de toutes nos peurs!) qui nous permet de faire avancer nos projets personnels. Sur le plan humain il y a ceux qui se laissent porter par le vent, et ceux qui rayent le parquet et mettent leur ego avant tout.

J’ai connu un peu toutes sortes d’environnement professionnel en tant que salariée:

  • je suis entrée dans une agence qui était en train d’être rachetée par une grosse agence mondiale… je vous laisse imaginer l’incertitude, l’ambiance à la direction et la drôle de synergie!
  • j’ai bossé dans une agence de femmes, tenue par une femme très forte commercialement, mais pas à la hauteur pour le management.
  • j’ai bossé un peu plus longtemps dans une agence familiale, indépendante et florissante qui a pris de plein fouet « la crise » , ce qui a complètement chamboulé son histoire.

Quand on bosse dans une agence, on travaille avec/pour des entreprises (les annonceurs), et avec le temps on entre un peu plus dans leur fonctionnement. Et là, j’ai vu d’un peu de tout…

Depuis l’entreprise bio qui n’engage que des stagiaires au service marketing (vous avez dit « éthique »?!), jusqu’à la société familiale qui s’est beaucoup développée, menée par des personnes valeurs, mais dont les services internes étaient bouffés par des personnes qui ne travaillaient que pour leur propre ego – même pas pour leur avancement (!).

Quand je prends du recul et que je prends conscience de ce que j’ai vécu et ce à quoi j’ai assisté, la question qui revient c’est « pourquoi »? Quelle est la motivation de ces personnes à agir (ou non) comme elles l’ont fait? Quel est le sens de tout ça, quel sens donnent-elles à leurs actions?

 

 

En quête de sens

Pour revenir à la façon dont on nous prépare au travail, je ne crois pas qu’on nous ait invité à réfléchir au sens que l’on souhaite donner à notre vie professionnelle. Si tant est que nous sommes faits pour trouver du sens dans notre « travail » : encore faut-il définir le « travail ».

En tous les cas, je ne me souviens pas avoir eu une conversation qui allait dans ce sens (héhé).

J’ai l’étrange sensation de me réveiller après pas mal de temps passé la tête dans un épais brouillard, où j’avançais, certes, mais à tâtons. Et que la clarté de ce que je veux et ce dont j’ai envie maintenant, est née de la somme de toutes mes expériences.

Comme je le disais, je suis du genre à m’engager et à faire tout ce que je peux pour faire avancer le projet et que tout le monde soit content. Sauf que ce n’est pas donner du sens, ça.

Beaucoup de ceux de ma génération, après avoir fait des grandes écoles et un début de carrière « à l’ancienne », décident de se former à un métier manuel, de bouche ou de proximité avec le client. Le sens à cela? Voir la finalité, de ses mains créer de la valeur, et voir cette valeur transcendée par le choix des clients. Et ça, ça vous fait lever un homme à 3h du matin pour aller bosser.

Depuis l’école de commerce, le truc qui me fait vibrer prend racine dans ce que j’aime du monde actuel : la création.

J’aime les personnes qui créent, depuis l’artisan boulanger à la multinationale vieille de plusieurs siècles, en passant par l’artiste qui livre ses créations sous différentes formes. Et je veux les voir grandir, mon truc à moi, c’est de venir en soutien à ces personnes pour leur permettre de se développer.

Alors j’en reviens à mes premières amours : le branding. La communication des créateurs, des marques et des artistes dans le respect de leurs valeurs et de leur philosophie. Et le plus intéressant dans le monde actuel, c’est combien tout cela bouge vite, et combien cela fait écho avec de nouveaux modes de vie & de consommation.

Cela ne vous parle peut-être pas, mais pour moi, ça fait sens. Échanger et partager avec ces créateurs, et les voir grandir (je grandis aussi forcément au passage), c’est là le sens de mon travail aka ce que je peux apporter au monde. Rien de moins! Et je veux le faire comme je l’entends, avec toutes les imperfections que cela peut comporter, en indépendante.

Alors je n’ai pas prétention de dire j’ai eu une illumination et que pouf! tout est clair et que je suis le nouveau gourou à la mode (je prends les paiements par RIB aussi), mais j’ai conclu un deal avec moi-même: je m’autorise.

Je m’autorise à accepter que je peux apporter de la valeur ajoutée à mes clients, que ce que je leur apporte leur permet de se développer et de grandir dans le respect de leurs valeurs et de leur philosophie.

Je m’autorise aussi à être consciente que mon projet pro va évoluer, au fil de mes envies, de mes rencontres, et qu’un jour je créerai une collection de bijoux, un resto/bar, un site de coworking, un lieu de bien-être holistique pas chiant, du mobilier, une boutique de créateurs, des évents artistiques… oui je m’emballe, et ça fait du bien! Je me sens prête à déplacer des montagnes petit caillou par petit caillou (avant d’acheter une pelleteuse? ou louer, il faut voire la rentabilité!) en gardant toujours à l’esprit cette question : est-ce que ça fait sens pour moi?

Et je choisis aussi : je ne peux plus défendre des idées que je ne partage pas (chose que je devais faire dans une agence). Je crois en la cohérence des actions, et en m’autorisant et en choisissant, je fais sens avec un mode de vie qui me convient.

A vous qui me lisez, vous êtes témoins d’un très grand changement de mode de vie, alors certes ce n’est que chez moi, mais j’espère que si vous en avez envie, vous franchirez aussi le pas.

Voyons où tout ça nous mènera…

 

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